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Atlantico, January 19
La tentation de la censure se retourne contre les responsables politiques allemands mainstream
La volonté croissante des responsables politiques allemands de réguler, voire d’interdire, certains médias et plateformes numériques révèle moins une défense de la démocratie qu’une crise profonde de légitimité. En s’attaquant à la liberté d’expression au nom de la lutte contre la « désinformation », le pouvoir alimente la défiance qu’il prétend combattre et confirme, paradoxalement, les soupçons de malhonnêteté qui pèsent sur lui.
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Comme le soulignait déjà en 1901 un critique du régime de censure allemand du XIXe siècle : « La police qui s’immisce dans l’art, c’est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. »
Une version moderne, suite aux déclarations choquantes de Daniel Günther (CDU), ministre-président du Schleswig-Holstein, la semaine dernière, pourrait se formuler ainsi : « Les politiciens qui s’attaquent à la liberté de la presse, c’est comme jeter de l’huile sur le feu. »
Révélant ses penchants censeurs lors d’une émission télévisée, Günther a indiqué souhaiter l’interdiction des plateformes d’information alternatives. Il a commencé par s’emporter pendant plusieurs minutes contre l’influence actuelle des réseaux sociaux sur la politique. Mentionnant notamment le portail d’information pro-populiste Nius, il a parlé d’« ennemis de la démocratie ». Les articles de Nius, affirmait-il, étaient « totalement dénués de faits », ajoutant qu’« en règle générale, rien dans les articles me concernant n’est vrai ». Lorsque le présentateur lui a demandé si ces portails devaient être « réglementés, censurés, voire interdits dans des cas extrêmes », il a répondu : « Oui ».
Les propos de Günther étaient si incendiaires que même de nombreuses personnalités de l’opinion publique traditionnelle se sont senties gênées. C’est un homme bien intentionné qui voulait bien faire, mais qui s’est exprimé maladroitement, affirment-ils. Ses détracteurs ne partagent pas cet avis : c’est un dangereux autoritaire qui ne devrait pas occuper un poste à responsabilité – « un pyromane déguisé en citoyen respectable qui a déclaré la guerre à la liberté de la presse », argumente l’avocat Joachim Steinhöfel, qui a porté plainte contre lui. Les prochaines élections dans son Land n’étant prévues qu’en 2027, les électeurs de Günther devront patienter avant d’avoir leur mot à dire.
Naturellement, il perçoit la réaction, amplement méritée, dont il fait l’objet comme une justification de ses propos sur les réseaux sociaux. Pourtant, ce tollé montre que l’époque où les politiciens, grisés par le pouvoir, pouvaient se croire les garants de la vérité et les protecteurs de la démocratie (« notre démocratie », comme ils aiment à l’appeler) est révolue. Heureusement que les réseaux sociaux existent !
Le problème de la censure en Allemagne est profond.
Le problème, cependant, est que les déclarations de Günther, aussi extrêmes soient-elles, sont loin d’être exceptionnelles. L’Allemagne est déjà profondément enracinée dans la censure d’État et les atteintes à la liberté d’expression.
Depuis 2021, elle dispose d’une loi de lèse-majesté particulièrement odieuse et répressive : l’article 188 du Code pénal allemand (StGB) vise la diffamation (üble Nachrede) ou les injures (Beleidigung) à l’encontre des « personnes exerçant une fonction politique » (hommes politiques et fonctionnaires) lorsqu’elles sont proférées publiquement ou dans les médias. Cela a conduit à ce que des milliers de citoyens soient traînés devant les tribunaux, voire condamnés, pour de prétendues insultes. L’illusion de Günther, qui croit que ses diatribes et ses plaintes contre les médias irrespectueux seraient bien accueillies, découle sans doute de la logique engendrée par cette loi.
Le problème pour notre classe politique, qui s’apitoie sur son sort, est que plus elle devient susceptible et encline à la censure, plus son autorité – ou le peu qu’il en reste – s’érode. Autrement dit : plus les protestations contre les « insultes », les « mensonges » ou les « fausses informations » fusent, plus le sentiment que nos politiciens ne sont pas dignes de confiance et incompétents se répand.
Les Lumières l’avaient bien compris.
C’est durant le siècle des Lumières que la futilité de la censure fut mise en lumière par ses opposants. « On peut être certain qu’aucun livre ni aucune publication n’attirera plus de lecteurs que lorsqu’un ouvrage est annoncé comme interdit et que son acquisition sera lourdement sanctionnée ; car on soupçonne immédiatement qu’il doit dire la vérité, sinon il ne serait pas confisqué », notait une brochure allemande de 1775.
De façon révélatrice, l’une des craintes des défenseurs de Günther est que beaucoup plus de gens veuillent désormais connaître les propos et les écrits de Nius. Avec ses déclarations « incompréhensibles » – comme aime à les qualifier Andreas Schmidt, directeur de la NDR, l’une des chaînes de télévision publiques allemandes –, Günther a rendu un grand service à Nius : « Il a fourni un terrain propice à un litige et a donné encore plus de visibilité au portail d’extrême droite qu’il n’en avait déjà », écrit Schmidt.
Et en effet, il est important de s’intéresser aux propos de Nius et d’autres médias critiques envers le gouvernement, ne serait-ce que parce que l’auto-évaluation de nos politiciens est souvent erronée. Paradoxalement, cette propension à la censure a remis au cœur du débat politique la question séculaire de la vérité et de celui qui la détient.
Qui définit la démocratie ?
Prenons l’exemple de l’accusation selon laquelle Günther menacerait la démocratie ; une accusation qu’il rejetterait sans aucun doute comme l’une des nombreuses contre-vérités proférées à son sujet sur les réseaux sociaux. Si cette accusation était réellement fausse, Günther se corrigerait de manière crédible afin de regagner la confiance perdue en révélant ses penchants censeurs. Au lieu de cela, il persiste dans sa mauvaise foi et insulte ses détracteurs, confortant ainsi leurs opinions.
L’ironie contre-productive de la censure a été mise en lumière par une autre affaire retentissante en avril dernier. David Bendels, rédacteur en chef du Deutschland Kurier, journal proche de l’AfD, a été condamné à sept mois de prison avec sursis pour avoir partagé un mème satirique montrant Nancy Faeser, alors ministre de l’Intérieur, brandissant une pancarte où l’on pouvait lire « Je déteste la liberté d’expression ». L’image était un montage et, de l’avis de beaucoup, une « fausse information » particulièrement odieuse. Or, l’application de la peine n’a fait que révéler davantage la véritable nature de ce mème. Comme l’a judicieusement fait remarquer le journaliste turco-allemand Deniz Yücel – lui-même emprisonné en Turquie pour des délits liés à la liberté d’expression –, en ne condamnant pas ce verdict, Faeser a de fait confirmé son aversion pour la liberté d’expression. Cette semaine encore, un tribunal allemand a acquitté Bendels, estimant que le photomontage relevait de la liberté d’expression.
Un climat de malhonnêteté
Il existe un lien direct entre la lutte menée par les institutions contre les réseaux sociaux et les fausses informations et la perception croissante de la malhonnêteté chez les hommes et femmes politiques. Par exemple, lorsqu’il a été révélé en décembre que le chancelier Merz avait déposé des centaines de plaintes pour injure en vertu de l’article 188 avant son élection, cela n’a fait que renforcer l’image d’un homme politique hypocrite. Était-ce le même Merz qui avait, du moins en apparence, critiqué ses prédécesseurs pour leur propension à persécuter les citoyens ?
Autre exemple : le maire de Berlin, Kai Wegner, a été pris en flagrant délit de mensonge quelques heures seulement après qu’un porte-parole de son gouvernement ait exhorté la population à se méfier des réseaux sociaux et à ne se fier qu’aux communiqués officiels. Cet appel intervenait dans un contexte de mécontentement face à la gestion de la crise par le gouvernement lors de la terrible panne d’électricité qui a frappé Berlin la semaine précédente. Interrogé sur les raisons de son long délai de prise de parole publique, le maire a déclaré avoir passé la journée à coordonner des mesures d’urgence dans son bureau. Or, il s’est avéré par la suite qu’il jouait en réalité au tennis. L’incompétence et le mensonge en eux-mêmes étaient déjà suffisamment graves, mais cette tentative arrogante et malavisée du gouvernement de se présenter comme la seule source d’information faisant autorité a encore davantage exaspéré de nombreux Berlinois.
Comme c’est souvent le cas dans ce genre de situations, les réseaux sociaux ont été le théâtre de spéculations excessives et de contenus douteux. Cependant, l’idée que notre classe politique, déjà fragilisée, puisse et doive nous protéger des mensonges et des fausses informations est absurde et dangereuse.
La véritable source de la méfiance
« Ce ne sont pas les médias qui sont responsables du manque de confiance, mais nos politiciens qui n’ont pas su gagner la confiance du peuple », a déclaré le journaliste Henryk Broder, et il a raison.
Nius peut se targuer d’être en bonne compagnie. À la fin du XIXe siècle, l’hebdomadaire allemand Simplicissimus, très influent et connu pour sa critique sociale et politique acerbe et son logo emblématique représentant un bouledogue rouge, a lui aussi été menacé d’interdiction. Le journal avait publié un poème brillant du célèbre Frank Wedekind se moquant du voyage du Kaiser en Terre sainte. Des mandats d’arrêt ont été émis contre l’éditeur, le dessinateur et le poète lui-même (qui a passé six mois en prison).
Beaucoup espéraient que cette époque était révolue, mais il est devenu plus important que jamais de dénoncer les abus de pouvoir. L’indignation suscitée par Günther est une bonne chose. Nous devons maintenir la pression pour défendre les réseaux sociaux et la liberté de la presse, même si nos élites autoritaires préféreraient les voir disparaître aujourd’hui plutôt que demain.
Cet article a été publié initialement sur le site The European Conservative : cliquez ICI
Neue Zürcher Zeitung, January 15
Die AfD profitiert weiter vom Versagen der deutschen Politik – eine Korrektur bleibt aus
Die Union ist die Partei, die mehr als eine Million Stimmen an die AfD verloren und damit den grössten Aderlass zu verschmerzen hat. Die Kräfteverhältnisse verschieben sich unaufhaltsam.
Susanne Schröter ist emeritierte Professorin für Ethnologie; sie leitete bis 2025 das ehemalige Frankfurter Forschungszentrum Globaler Islam an der Goethe-Universität Frankfurt. Zuletzt von ihr erschienen: Der neue Kulturkampf. Wie eine woke Linke Wissenschaft, Kultur und Gesellschaft bedroht. Herder-Verlag, Freiburg 2024.
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Man braucht keine Glaskugel, um zu sehen, dass das Jahr 2026 für die deutsche Politik schwierig werden wird. Die Kräfteverhältnisse verschieben sich unaufhaltsam zugunsten der AfD, die sich als Alternative zu den Altparteien anbietet. Konstant behauptet sie in Umfragen zur Bundestagswahl mit Werten zwischen 25 und 27 Prozent den ersten Platz in der Wählergunst. In den ostdeutschen Bundesländern liegt sie sogar zwischen 35 und 40 Prozent. Möglicherweise könnte die Partei in einem oder mehreren dieser Bundesländer bei Landtagswahlen die absolute Mehrheit erzielen.
Die AfD ist keine homogene Partei, sondern führt seit ihrem Bestehen Kämpfe zwischen einem liberalkonservativen und einem völkisch-nationalen Flügel. Immer wieder kommt es zu Rücktritten und Ausschlüssen von Spitzenpolitikern. Während sich gemässigte Mitglieder bei Skandalen in Schadensbegrenzung üben, wird in der rechten Jugendszene der Schulterschluss mit einem altrechten Nazi-Milieu demonstriert.
Nachweisbar ist auch, dass Agitatoren, die sich am Eurofaschismus der französischen Nouvelle Droite und an Antidemokraten der Weimarer Republik orientieren, Einfluss auf die Partei ausüben. Das intellektuelle Zentrum der modernen Verfassungsfeinde ist eine rechtsradikale Kaderschmiede im ländlichen Sachsen-Anhalt, die sich bis 2024 Institut für Staatspolitik nannte. Dort schwärmt man von einer völkischen Schicksalsgemeinschaft und möchte den Nationalsozialismus aus der Erinnerungskultur verdrängen.
Spiritus Rector ist Götz Kubitschek, der sich auch als Mentor und Stichwortgeber Björn Höckes, des Vorsitzenden der AfD-Fraktion im Thüringer Landtag, versteht. Kubitschek hatte 2013 freimütig bekannt, die gerade gegründete AfD für seine Ziele nutzen zu wollen, und gibt mittlerweile an, dass ihm dies gelungen sei.
Kampf gegen rechts
Aus diesen Gründen ist die AfD Gegenstand eines immer obsessiver werdenden «Kampfes gegen rechts», der Millionen von Menschen auf die Strasse gebracht hat. Was ist nicht alles versucht worden? Kirchen schlossen AfD-Mitglieder von Ämtern aus, Gewerkschaften, Kultur- und Bildungseinrichtungen befinden sich im Daueraufklärungsmodus, kaum eine NGO, ein Verein, eine Kommune, die sich nicht in die bundesrepublikanische Einheitsfront gegen den rechten Feind eingereiht hätte.
Doch es fruchtet wenig. Ein immer grösser werdender Teil der Bevölkerung lässt sich davon nicht beeindrucken und würde den verfemten Blauen die Stimme geben.
Alle Parteien haben bei der letzten Bundestagswahl in grösserem Umfang Stimmen an die AfD verloren. Bei der SPD waren es 720 000 Wähler, viele von ihnen Arbeitnehmer. So bitter die Wahrheit auch ist: Die AfD ist jetzt die neue Arbeiterpartei. Die Sozialdemokraten scheint dies nicht anzufechten. Obwohl Studien zeigen, dass Erwerbstätige es nicht schätzen, immer höhere Abgaben zu entrichten, um diejenigen zu alimentieren, die noch niemals in die Sozialkassen eingezahlt haben, behält man den eingeschlagenen Kurs bei.
Auch der Vorschlag des SPD-Politikers Raed Saleh, den Kampf gegen «antimuslimischen Rassismus» in die Verfassung aufzunehmen und den 15. März als Tag gegen Islamfeindlichkeit zu begehen, löst bei vielen Genossen Bestürzung aus. Denn die deutsche Hauptstadt hat kein Problem mit Islamophobie, sondern mit muslimischem Antisemitismus.
Der Berliner Oberbürgermeister Kai Wegner (CDU) hat dem Tag gegen Islamfeindlichkeit zugestimmt und damit unmissverständlich gezeigt, dass die Union kein Bollwerk gegen woken Unfug ist. In anderen Bundesländern ist es ebenso. In NRW und in Hessen wurden Meldestellen gegen antimuslimischen Rassismus sowie gegen alles eingerichtet, was derzeit unter dem Begriff «Hass und Hetze» subsumiert wird.
Die Migrationspolitik und die Folgen
Die Union ist die Partei, die mehr als eine Million Stimmen an die AfD verloren und den grössten Aderlass zu verschmerzen hatte. Sie war es auch, aus der die AfD massgeblich hervorging, denn es waren vor allem Unionsmitglieder, die von ihrer Kanzlerin so enttäuscht waren, dass sie eine politische Alternative ins Leben riefen. Viele Jahrzehnte lang war die Union die Kraft, von der Franz Josef Strauss (CSU) mit einiger Überzeugung sagen konnte, rechts von ihr dürfe es keine demokratisch legitimierte Partei geben. Er meinte damit, dass sie in der Lage sein müsse, auch nationalkonservative und nationalliberale Kräfte zu integrieren.
Angela Merkel verzichtete auf diese Wähler und rückte die Partei nach links. Ebenso wie die Abkehr der SPD von der Arbeiterschaft schuf ihre «alternativlose» Politik die Repräsentationslücke, die die AfD füllen konnte.
An Wahlergebnissen lässt sich ablesen, worauf Wähler reagierten. 2013 erzielte die AfD lediglich 4,7 Prozent, weil Kritik an der Europolitik offenbar nur bei einer kleinen Gruppe von Bürgern auf einen Nerv traf. Dann kam die Migrationskrise, die Deutschland nachhaltig verändern sollte. Fälle sexualisierter Gewalt häuften sich, es kam zu mehreren islamistischen Anschlägen, und die öffentliche Sicherheit erodierte.
Wo Überzeugungskraft für das eigene Handeln fehlte, setzte die Politik auf Ausgrenzung. Wer die Migrationspolitik der grossen Koalition kritisierte, dem wurde umstandslos das Etikett des Menschenfeindlichen angeheftet, wer die massenhaften sexuellen Übergriffe ansprach, riskierte einen Rassismusvorwurf. In dieser Zeit fand die AfD das Thema, das ihr Alleinstellungsmerkmal werden sollte: die Migrationspolitik und ihre ausgeblendeten Folgen. Ein Muster etablierte sich.
Wo immer migrantische Gewalt oder islamistische Attentate die Bevölkerung beunruhigten, schwiegen Medien und Politik oder warnten davor, «Wasser auf die Mühlen» der Rechten zu giessen. Tatsächlich überliess man die Anteilnahme am Leid der Opfer und die Skandalisierung der Politik, die dazu geführt hatte, Akteuren am rechten Rand des politischen Spektrums.
Die Quittung kam bei der Bundestagswahl 2017, als die AfD 12,6 Prozent der Stimmen erhielt. Die Zustimmung sank leicht auf 10,3 Prozent im Jahr 2021, doch die Auswahl an Themen hatte sich durch die Covid-Krise erweitert. Impfskeptiker wurden als rechte Chaoten ausgegrenzt, und der Begriff des zuvor positiv konnotierten Querdenkers wurde zum Schimpfwort. Viele der Gescholtenen suchten Unterstützung bei der AfD.
Die Transformationswut der Ampelregierung
2021 übernahm eine selbsternannte Fortschrittsregierung aus SPD, Grünen und FDP die Regierungsverantwortung. Sie wirkte wie ein Booster für die AfD. Politik wurde mit Brachialgewalt gegen die erklärten Einsprüche der Bevölkerung durchgesetzt, und diejenigen, die sich dagegen aussprachen, erhielten den Stempel rechts im Sinne von rechtsradikal. Jetzt ging es um die totale Transformation der Gesellschaft, mit allen Mitteln und ohne Rücksicht auf Verluste. Klimaneutralität und Minderheitenrechte hatten Vorrang. Die «TAZ»-Redakteurin Ulrike Herrmann forderte eine wirtschaftliche Schrumpfung auf das Niveau der britischen Kriegswirtschaft und schlug vor, jedem Bundesbürger eine festgelegte Anzahl von Kalorien zuzuteilen. Die Wähler dankten den etablierten Parteien das Desaster mit 20,8 Prozent Zustimmung für die AfD, und selbst die Grünen verloren 100 000 Stimmen.
Jetzt erleben wir gerade den letzten Akt des Dramas. Friedrich Merz trat mit dem Versprechen an, wieder Politik für die Bevölkerung zu machen. Er wolle die Verschuldung ebenso stoppen wie die unkontrollierte Migration, die Energiekosten und die überbordenden Sozialausgaben senken, die Wirtschaft beflügeln und die Sicherheit im öffentlichen Raum wiederherstellen, sagte Merz. Die AfD sollte dadurch halbiert werden.
Tatsächlich ist nichts davon eingetreten. Noch mit dem abgewählten Parlament beschloss Merz das grösste Schuldenpaket der Geschichte der Bundesrepublik. Um den Grünen einen Gefallen zu tun, wurde das Grundgesetz geändert und das Ziel der Klimaneutralität bis 2045 festgelegt. Die Sozialausgaben steigen weiter, die wirtschaftliche Rezession wurde mitnichten aufgehalten, und um die öffentliche Sicherheit ist es schlecht bestellt. Vor allem Gewalt- und Sexualdelikte nehmen sprunghaft zu, wobei die Anzahl der Menschen aus den Hauptasylherkunftsländern bei Tätern und Tatverdächtigen überproportional hoch ist.
Gebrochene Versprechen
Die Repräsentationslücke wuchs mit jedem gebrochenen Versprechen. Im Jahr 2013 war sie noch klein, schwoll dann 2015 mit der Migrationskrise an, blieb während der Zeit der Anti-Covid-Politik hoch und hat jetzt ein Ausmass erreicht, das kaum noch beherrschbar ist.
Verantwortlich ist nicht nur die gelähmte Koalition, die jeden Politikwechsel ausbremst und die AfD zur Projektionsfläche einer hochgradig frustrierten Bevölkerung macht, es ist auch mangelndes politisches Gespür für Situationen, in denen man Pluspunkte sammeln könnte. Wie jetzt in Berlin. Nach dem Sabotageanschlag einer linksradikalen Gruppe mussten Zehntausende von Bewohnern bei Kälte und Dunkelheit ausharren. Das Krisenmanagement war bestenfalls suboptimal, und der Oberbürgermeister Kai Wegner geriet auch deshalb in die Kritik, weil er sich erst einen Tag nach dem Stromausfall bei Betroffenen zeigte.
Wer gar nicht kam, war Friedrich Merz. Dabei hätte ihm ein bisschen Mitgefühl gut zu Gesicht gestanden. Denken wir zurück an das Jahr 2002. Damals marschierte der Bundeskanzler Gerhard Schröder mit Gummistiefeln durch vom Elbe-Hochwasser betroffene Gebiete in Sachsen und profilierte sich als empathischer Krisenmanager. Sein Herausforderer Edmund Stoiber hielt sich zurück – und verlor die Bundestagswahl. Es darf spekuliert werden, wer jetzt von der Katastrophe profitiert.
Neue Zürcher Zeitung, January 15
Die linke Schönfärberei des Anschlags auf das Berliner Stromnetz ist unverschämt. Wer Linksextremismus verharmlost, sollte keine Verantwortung tragen
Eine Debatte über die Gefahren von Linksradikalen ist überfällig. Doch Politiker von Linkspartei und Grünen wollen davon nichts wissen. Sie vernebeln die Motive der Täter.
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Es ist erst wenige Tage her, dass Zehntausende Berliner wegen eines mutmasslich linksextremistischen Anschlags nächtelang ohne Strom und Heizung in ihren Wohnungen ausharren mussten. Die Kälte mag ihnen nicht mehr in den Gliedern sitzen, der Schrecken allerdings schon.
Das sollte Anlass genug sein, sich ein paar Gedanken zu machen. Zum Beispiel darüber, wie ein solch wirkungsvoller Schlag gegen eine moderne Gesellschaft gelingen konnte. Aber auch über die ideologische Veranlassung und Verblendung der Täter. Gerade linke Politiker wären hier in der Pflicht.
Doch eine solche Debatte führen sie nicht. Im Gegenteil: Sie vernebeln sie nach Kräften.
Die Fraktionsvorsitzende der Linkspartei im Bundestag, Heidi Reichinnek, verkündete etwa am Dienstag: «Nichts an diesem Anschlag ist links.» Links zu sein bedeute schliesslich, das Leben der Menschen zu verbessern.
Die Fraktion der Berliner Grünen ging noch einen Schritt weiter. Sie gab für ihre Mitglieder die Marschroute aus, in der Öffentlichkeit vor allem über die Versäumnisse des Regierenden Bürgermeisters Kai Wegner zu sprechen, keineswegs über die Täter. «NICHT Täter*innen/Ermittlungen in den Mittelpunkt» stellen, heisst es in einer internen E-Mail. Diese Anweisung folgt einer bestechenden Logik: Wenn man schon selbst blind ist für die Gefahren des Linksradikalismus, dann ist es gut, wenn es alle anderen auch bleiben.
Von wegen Besonnenheit
Selbstverständlich ist es Politikern unbenommen, zunächst auf die Ermittlungen zu verweisen. Auch Vorsicht ist angebracht. Solange noch nicht endgültig geklärt ist, wer für den Brandanschlag auf die Stromkabel verantwortlich ist, bleibt etwa eine russische Geheimdienstoperation möglich. Aber was linke Politiker über die Sabotage sagten, hatte mit Besonnenheit nichts zu tun. Ein grüner Abgeordneter etwa verteidigte die interne E-Mail an die Fraktionsmitglieder mit den Worten, die Behörden hätten bislang «kaum Erkenntnisse über die Hintermänner der linksextremen Vulkangruppen».
Das klang so, als sei ausgemacht, dass es Hintermänner gebe. Als seien die Ermittler völlig ahnungslos. Dabei liegt ein Bekennerschreiben der linksextremen Vulkangruppe vor, das die Berliner Polizei als glaubhaft eingestuft hat. Ermittler haben die Gruppe ausserdem schon länger im Blick, sie hat für mehrere Anschläge auf die kritische Infrastruktur die Verantwortung übernommen. Wer da auf mangelnde Erkenntnisse verweist, will nicht zur Vorsicht gemahnen, sondern ablenken. Er stellt keine kritischen Fragen, er weicht ihnen aus.
Dabei müssten sich gerade linke Politiker fragen, wie sehr sie der ideologischen Rechtfertigung der mutmasslichen Täter Vorschub geleistet haben. Ein Blick auf das Bekennerschreiben genügt, um zu erkennen, wo das Problem liegt. Da ist die Rede von einem Planeten, der «ausgelaugt, ausgesaugt, geschunden» und «vergewaltigt» werde.
Atemlos hetzen die Autoren von einem Leitmotiv der Modernekritik zum nächsten. Diese Getriebenheit spiegelt sich am Ende wohl auch im Handeln der Täter. Es musste etwas geschehen, um die vermeintlich grossflächige Zerstörung der Erde zu stoppen. Und wer überzeugt ist, dass die Welt morgen untergeht, dem ist am Ende jedes Mittel recht.
Vom Umweltschutz zur Ablehnung der Moderne
Das erinnert an die Mitglieder der Letzten Generation. Natürlich sind das keine Terroristen; sie haben nie Sabotageakte verübt. Doch ihre Blockaden speisten sich aus der alles überschattenden Furcht, der Klimakollaps stehe kurz bevor. Einige waren so besessen davon, dass man es schon an der Stimme hörte. Die Radikalsten unter ihnen entwickelten einen einfachen Gedanken: Wenn moderne Gesellschaften seit Jahrzehnten daran scheitern, den Klimawandel abzubremsen, dann ist die Moderne selbst das Problem. Kaum verwunderlich, dass sie mit ihrem Protest am Ende auf die Nervenbahnen dieser Moderne zielten: Flughäfen.
Politiker der Linkspartei und der Grünen sind nicht verantwortlich für den Anschlag in Berlin. Aber sie haben den Nährboden geschaffen, auf dem er gedeihen konnte. Lange klangen ihre Warnungen vor dem Klimawandel eher wie apokalyptische Drohungen. Dieser Verantwortung müssen sie sich stellen.
Einige wenige tun das. Insgesamt aber bleibt der Eindruck von Politikern haften, die jede extremistische Neigung im eigenen Lager abstreiten. Die alle weltanschaulichen Gemeinsamkeiten mit den möglichen Tätern negieren.
Leider ist diese Tendenz zur Abschottung nichts Neues im linken Lager. Erst kürzlich verstieg sich Heidi Reichinnek zu der Behauptung, die DDR sei nicht sozialistisch gewesen.
Das Denken dahinter ist so schlicht wie gefährlich: Wer zu meinem Lager gehört, muss gut sein. Wer schlecht ist, gehört nicht zu meinem Lager. Das ist politischer Exorzismus. Menschen, die so argumentieren, bezeichnet man gemeinhin als Ideologen. Man sollte ihnen keine Verantwortung übertragen.
Neue Zürcher Zeitung, January 14
Die Erbschaftssteuer muss nicht reformiert, sondern abgeschafft werden
Die SPD will die Erbschaftssteuer reformieren. Sie soll gerechter und einfacher werden. Tatsächlich aber erhöht der Vorschlag der SPD die Steuerlast der Unternehmen und schadet dem Standort Deutschland.
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Wenn es noch eines Beweises bedurft hätte, dass in Deutschland Parteien gemeinsam regieren, die nicht zusammenpassen, dann hat ihn die SPD an diesem Dienstag erbracht. In einem Konzeptpapier zur Reform der Erbschaftssteuer fordern die Sozialdemokraten eine «gerechte Reform der Erbschaftssteuer», die faktisch jedoch auf eine höhere Belastung für grössere Betriebsvermögen hinausläuft.
Damit setzen sie sich bewusst in Opposition zu ihrem Koalitionspartner CSU. Die Christlichsozialen hatten sich vor wenigen Tagen dafür starkgemacht, die im Koalitionsvertrag für 2028 vorgesehene Senkung der Körperschaftsteuer auf dieses Jahr vorzuziehen, um die Investitionsbereitschaft der Unternehmen zu stärken und der darbenden Wirtschaft neues Leben einzuhauchen.
Dass die Sozialdemokraten nun mit einem Vorschlag zur Reform der Erbschaftssteuer daherkommen, der für viele Erben von Betriebsvermögen eine höhere Steuerlast zur Folge hat, dürfte den Zweifel der Unternehmer am wirtschaftspolitischen Kurs der Bundesregierung wachsen und ihre Investitionsbereitschaft sinken lassen. Daran ändert nichts, dass die SPD ihren Vorschlag mit dem Argument unterfüttert, dieser schaffe mehr Gerechtigkeit, Transparenz und Einfachheit bei der Erbschaftssteuer.
Das Verfassungsgericht entscheidet
Unbestritten ist, dass die Erbschaftssteuer mit ihren mannigfaltigen Sonderregelungen ein wahres Bürokratiemonster ist, das die Steuerlast von Unternehmenserben von der Geschicklichkeit ihres Steuerberaters abhängig macht. So können Unternehmen unter bestimmten Bedingungen, etwa wenn sie den Betrieb längere Zeit fortführen und Arbeitsplätze sichern, zum grossen Teil oder gar vollständig von der Erbschaftssteuer befreit werden.
Das mag Erben von Privatvermögen ungerecht erscheinen. Denn ihnen bleiben solche Optionen verwehrt. Die Verfassungsrichter in Karlsruhe beraten daher zurzeit über die Klage eines Erben von Wertpapieren und Immobilien, der sich durch die Begünstigung von Betriebsvermögen benachteiligt sieht.
Vor diesem Hintergrund scheint das Konzept der SPD, das der Sachverständigenrat für Wirtschaft in ähnlicher Form vorgedacht hat, auf den ersten Blick attraktiv zu sein. Denn es sieht vor, die komplexen Verschonungsregeln für Unternehmenserben abzuschaffen und durch einen Freibetrag von 5 Millionen Euro zu ersetzen. Kleine und mittlere Unternehmen könnten so steuerfrei an die nächste Generation übertragen werden, behauptet die SPD.
Allen anderen Erben will die SPD einen «Lebensfreibetrag» von einer Million Euro einräumen. Er soll die bisherige Regelung ersetzen, bei der die Freibeträge alle zehn Jahre neu genutzt werden können. Omas Häuschen soll durch den «Lebensfreibetrag» auch weiterhin steuerfrei an die nächste Generation weitergereicht werden können.
Die grösseren Unternehmen werden geschröpft
Dennoch: Die mit viel Gerechtigkeitslametta lockende Verpackung, mit der die SPD ihr Konzept kredenzt, kann nicht darüber hinwegtäuschen, worum es der Partei wirklich geht. Sie will die Steuerzahler, allen voran die Unternehmen, weiter schröpfen. Denn das Gros der mittelständischen Unternehmen dürfte über ein Betriebsvermögen verfügen, das die Freibetrags-Marke der SPD von 5 Millionen Euro übersteigt.
So erwarten die Sozialdemokraten denn auch, dass ihre Reform dem Fiskus «zunächst einen einstelligen Milliarden-Betrag an Steuermehreinnahmen im Jahr» beschert, wie es in ihrem Konzeptpapier heisst. Dabei spülen Erbschafts- und Schenkungssteuer den Ländern schon jetzt jährlich mehr als 13 Milliarden Euro in die Kassen. In den nächsten Jahren dürfte es noch mehr werden. Denn das Vermögen, das die Nachkriegsgeneration aufgebaut hat, geht mehr und mehr an ihre Kinder und Enkel über. Davon soll der Staat nach dem Willen der SPD noch stärker profitieren als bisher.
Das zusätzliche Geld wollen die Sozialdemokraten in den Bildungssektor pumpen, wo sie in Gestalt der Lehrer offenbar einen nicht unwesentlichen Teil ihrer verbliebenen Restwählerschaft vermuten. Dabei liesse sich die Bildung verbessern, auch ohne dafür Unternehmenserben abzukassieren. Häufig ist dafür nicht einmal mehr Geld erforderlich, es reichen schon eine effizientere Organisation und eine Entschlackung der Lehrinhalte in Schulen und Universitäten.
Dem Markt vertrauen
Die SPD verspricht, ihr Konzept werde die Innovationsfähigkeit, die Produktivität und die Wettbewerbsfähigkeit der deutschen Wirtschaft stärken. Wie das mit höheren Steuern geschehen soll, bleibt allerdings das Geheimnis der Partei. Denn die Wirtschaftsgeschichte zeigt: Höhere Steuern und mehr Staat haben die Wettbewerbsfähigkeit und Produktivität der Wirtschaft und damit den Wohlstand von Gesellschaften stets geschmälert, nicht gesteigert.
Eine höhere Erbschaftssteuer, auch wenn sie über einen längeren Zeitraum gestundet wird, wie es die SPD vorschlägt, entzieht den Unternehmen liquide Mittel. Diese fehlen ihnen dann für Investitionen und für die Stärkung der Eigenkapitalbasis. Das mindert ihre Wettbewerbsfähigkeit und schmälert ihre Resilienz in Krisenzeiten. Steuerschulden gegenüber dem Staat und die darauf zu entrichtenden Stundungszinsen belasten zudem die Bonität der Unternehmen. Das erschwert ihnen den Zugang zum Kapitalmarkt.
Wollte die SPD die Wettbewerbsfähigkeit der Wirtschaft wirklich stärken, das Steuersystem vereinfachen und für mehr Gerechtigkeit sorgen, müsste sie sich für die Abschaffung der Erbschaftssteuer einsetzen und die Marktkräfte stärken. Denn wo die Kräfte des Marktes walten, gibt es für Erben keinen Ruheraum. Sie müssen das Ererbte dem Wettbewerb aussetzen und gegen Konkurrenten verteidigen – Tag für Tag.
Scheitern sie an dieser Aufgabe, verlieren sie ihr Erbe. Der Markt verteilt es dann um zugunsten jener Unternehmen und Investoren, die besser damit umzugehen wissen. Eine Erbschaftssteuer, die nur den Fiskus reicher macht und Neidgelüste bedient, macht Deutschland nicht gerechter. Sie schadet dem Land.
