VI.1. School

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Le Figaro, January 13        

« C’est un mille-feuille supplémentaire » : un énième plan pour les collèges en grande difficulté scolaire loin de faire l’unanimité

Alors que la carte de l’éducation prioritaire n’a pas été révisée depuis plus de dix ans, le ministre propose un nouveau dispositif pour accompagner les 800 collèges qui concentrent le plus de difficultés.

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Édouard Geffray veut relever le niveau des collégiens. À partir de septembre prochain, les 800 collèges qui concentrent le plus de difficultés scolaires recevront un accompagnement « sur-mesure ». Ces établissements, parmi les 6 950 collèges de France, n’ont pas été choisis au hasard. Ils correspondent aux 15 % des collèges où plus de 40 % des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet. « Cela veut dire que ce sont des collèges qui concentrent une très grande difficulté scolaire », a déclaré le ministre de l’Éducation nationale le 18 décembre dernier sur France 2.

Selon le bulletin officiel qui a été publié le même jour, plusieurs axes seront exploités pour accompagner les élèves, tels que des séances « autour d’une compétence ciblée avec un nombre restreint d’élèves » ou des cours avec deux enseignants « de manière ponctuelle ou durable ». Durant le premier trimestre 2026, un diagnostic et une formation des équipes seront effectués dans chaque établissement. Deux journées pourront être banalisées pour permettre ce travail collectif avec toute la communauté éducative et les familles. Le deuxième trimestre sera consacré à la définition des premières actions et ces dernières seront mises en place à la rentrée de septembre.

Le ministère indique par ailleurs que le recteur devra constituer une « équipe ressource académique », composée d’experts complémentaires, tels que des personnels de direction, des conseillers principaux d’éducation, des psychologues de l’Éducation nationale ou encore des infirmiers. « Cette équipe ressource académique accompagne les chefs d’établissement et leurs équipes tant dans l’analyse des besoins que dans la formalisation et le suivi des feuilles de route. Une présence régulière de tout ou partie de l’équipe, ou de l’un de ses représentants, pourra permettre d’assurer le suivi des actions définies collectivement », précise le ministère.

Concurrence avec le réseau d’éducation prioritaire

Parmi ces 800 collèges ciblés, seuls 37 % ne font pas partie du réseau d’éducation prioritaire (REP/REP+). Ce qui fait dire à Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat d’enseignants Snes-FSU, que ce nouveau plan « entre en concurrence avec la carte du réseau d’éducation prioritaire »« C’est un mille-feuille supplémentaire parmi les dispositifs déjà existants », estime-t-elle. Selon la représentante syndicale, certains enseignants pourraient d’ailleurs se lasser de cet énième dispositif. « Édouard Geffray demande que des bilans soient réalisés pour évaluer les problèmes rencontrés mais, dans de nombreux établissements, ceux-ci ont déjà été faits et refaits. On perd du temps », souffle-t-elle. Un avis partagé par Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) : « On va encore en demander beaucoup aux collègues sur le terrain, ce qui risque d’être très mal accueilli. En développant une équipe ressource académique, certains enseignants vont avoir l’impression que l’on remet en cause leur travail. Le climat pourrait être encore plus tendu qu’il ne l’est déjà », explique-t-il.

L’éducation prioritaire répond à la question de la concentration de la grande difficulté sociale, je n’y toucherai pas

Édouard Geffray

Pourquoi alors ne pas redessiner la carte scolaire, et y inscrire ces établissements ? D’autant que la révision de cette carte est attendue par la communauté éducative. « Cela fait dix ans qu’elle n’a pas été mise à jour. Jean-Michel Blanquer  avait lui aussi mis en place d’autres dispositifs pour ne pas s’occuper de la carte, tels que les cités éducatives ou les contrats locaux d’accompagnement en 2019 ». Le 9 décembre dernier, Édouard Geffray a balayé d’un revers de main cette éventualité, devant l’Assemblée nationale, estimant ne « pas avoir l’espace-temps politique suffisant » pour réformer le dispositif avant la fin du mandat d’Emmanuel Macron, en 2027. Dans un entretien à Ouest-France, le ministre de l’Éducation nationale a par ailleurs souligné que son plan pour les 800 collèges et la révision de la carte « sont deux choses indépendantes »« L’éducation prioritaire répond à la question de la concentration de la grande difficulté sociale, je n’y toucherai pas », a-t-il indiqué.

Précarité scolaire

Pourtant, Édouard Geffray ne souhaite pas se concentrer uniquement sur le niveau scolaire des élèves avec ce nouveau plan. En effet, en visite au collège Rosa-Parks d’Amiens, où il a dévoilé son plan plus en détail ce vendredi 9 janvier, le ministre a indiqué se pencher sur la question d’élèves en grande précarité qui « ne peuvent pas manger à la cantine  le midi » et qui arrivent à l’école « le ventre vide », ce qui rend leur apprentissage en classe plus difficile. Il a ainsi annoncé que des fonds sociaux « qui ne sont pas utilisés en France » (25 millions d’euros) seront dédiés à ce problème pour les 800 collèges.

Selon le ministre, parmi les établissements concernés, « il n’y a pas une géographie ou une sociologie » particulière constatée. « Il y en a sur tout le territoire », a-t-il précisé vendredi dernier. Et de compléter : « Vous pouvez ne pas avoir de problèmes sociaux mais avoir des problèmes de climat scolaire. Ce qui a un impact sur les résultats ». Aussi, pourquoi ne pas étendre ce plan dédié à la réussite des élèves à davantage d’établissements, si ce n’est à la totalité ? « On a beaucoup de collèges et lycées qui rencontrent des difficultés variées pour faire réussir nos élèves. Mais cela demande encore des moyens supplémentaires, ce qui se heurte au budget. Et parfois au manque de volonté politique. L’urgence, c’est le réseau d’éducation prioritaire, c’est tout », insiste Sophie Vénétitay.

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/c-est-un-mille-feuille-supplementaire-un-enieme-plan-pour-les-colleges-en-grande-difficulte-scolaire-loin-de-faire-l-unanimite-20260113


Le Figaro, January 8         

Luc Ferry : «Téléphones, entrisme islamiste… L’école en danger !»

CHRONIQUE – En l’état actuel des choses, un enseignant confronté à des élèves perturbateurs ne dispose d’aucune riposte crédible qui lui permette de rétablir l’ordre et de se faire respecter.

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Comment faire un cours, même si l’on est un professeur talentueux et passionné par son sujet, lorsque des élèves ont les pieds sur la table, jouent ostensiblement avec leurs téléphones portables, échangent des propos à haute voix sans la moindre retenue et ne manquent aucune occasion de manifester bruyamment leur hostilité à la culture scolaire ? Quelle attitude adopter lorsque, seul face à sa classe, le professeur prend conscience qu’il n’existe désormais plus aucune parade : l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans, les collégiens le savent, ils sont désormais considérés par la loi comme des « usagers obligés », mais en réalité sans obligation aucune, attendu que de toute façon, pour nombre d’entre eux, le fait d’en être exclus pour quelques jours serait vécu comme une bénédiction. L’enseignant ne peut plus s’autoriser que de lui-même.

On dit que la « hiérarchie » le laisse tomber, mais la vérité c’est qu’elle est elle-même est en situation d’impuissance. Comment s’étonner, dans ces conditions, que le talent pédagogique ne suffise plus ? Bien sûr, n’exagérons rien, nous sommes encore en France, dans un pays en paix, démocratique et protecteur, du moins par rapport à tant d’autres qui sont aujourd’hui en guerre. Ce qui rend la vie impossible dans certaines banlieues comme dans certains établissements scolaires n’est pas la guerre, mais la multiplication des incivilités, des petites agressions, des violences quotidiennes, des déprédations gratuites, mais aussi, hélas, de l’entrisme islamiste et des révoltes qu’il engendre au nom du fanatisme religieux contre certains contenus d’enseignement, en particulier, bien sûr, contre l’enseignement de la Shoah.

Même la gauche, traditionnellement hostile à l’intrusion de toute préoccupation « autoritaire » dans la vie politique, commence à comprendre, du moins celle qui se veut encore républicaine et qui prend ses distances avec LFI, que la violence et l’insécurité ne sont pas seulement l’affaire de la droite, mais celle de la République, et ce, d’autant qu’à l’évidence, elle frappe d’abord les plus faibles avant d’atteindre ce que la gauche appelle encore « les nantis ». C’est un progrès et il faut s’en réjouir.

L’école des parents devient une nécessité

La question, pour autant, est loin d’être résolue. Car à certains égards, elle est liée à l’essor même de la démocratie. Tocqueville, déjà, l’avait prédit : tout, dans l’univers démocratique, conduit au rejet de ce qui est reçu par les individus en mal d’autonomie comme imposé de l’extérieur. L’esprit de liberté, la volonté de penser et d’agir « par soi-même », l’idéal d’autonomie, l’indépendance que confère l’égalité y sont les valeurs les mieux prisées : comment les accorder avec l’autorité nécessaire au respect des règles de vie communes ?

Pour mesurer l’ampleur du problème, mettez-vous un instant à la place d’un professeur confronté à ces grands gamins de troisième qui quittent le cours en balançant au passage quolibets et insultes. Bien sûr, n’exagérons pas, ce n’est pas partout le cas. Mais concrètement, quand ça l’est, vous faites quoi ? Je le dis posément : en l’état actuel des choses, vous ne disposez d’aucune riposte crédible qui vous permettrait de rétablir l’ordre, de vous faire respecter. Exclure les élèves indisciplinés pendant trois jours ? La belle affaire ! Comme je viens de le suggérer, ils s’en tapent comme de l’an quarante quand ils ne voient pas la chose comme un heureux moment de vacances ! Infliger une retenue ? Mais s’ils ne viennent pas, on se retrouve dans le cas de figure précédent, dépourvu de tout moyen réel de coercition. Convoquer les parents ? Mais souvent, ils défendent leurs enfants, et c’est le professeur qui se fait insulter, quand ce n’est pas menacer ! Supprimer les allocations familiales ? Oui, bien sûr, dans certains cas où c’est légitime, mais souvent, notamment quand il s’agit de malheureuses femmes seules face à des ados ingérables, on ne fera qu’aggraver les choses sans rétablir pour autant la moindre autorité du professeur qui ne sera que davantage encore fragilisé.

Alors quoi ? L’école des parents devient une nécessité car si l’éducation dans la famille ne précède pas l’instruction dans l’école, il sera impossible d’y enseigner avec sérénité. Et comme il n’y a pas d’autorité sans sanctions, il faut réfléchir d’urgence à celles qui peuvent convenir à la situation que je décris, faute de quoi on se contentera comme toujours des coups de menton qui font grand genre et bel effet dans les meetings, mais qui ne changent rien à la réalité des choses. J’y reviendrai la semaine prochaine.

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/luc-ferry-telephones-entrisme-islamiste-l-ecole-en-danger-20260107


Frankfurter Allgemeine Zeitung, January 7      

Israel Palestine Podcast: „Niemals vereinfachen, was komplex ist“

Abiturienten aus Neukölln haben eine Podcastserie zum Nahostkonflikt gemacht, die sich sehen lassen kann. Mit ihren Gesprächen haben die Schüler Auswege aus Popularisierung und Vereinfachung gefunden.

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Die Polarisierung, die der Nahostkonflikt andernorts hervorruft, ist enorm. Auch in Deutschland scheinen die Gräben immer tiefer zu werden. Die Bereitschaft, gegensätzliche Positionen auszuhalten oder auch nur anzuhören, ist fast schon eine Seltenheit. Genau diesen Brückenschlag versucht jetzt ein Podcastprojekt. Es kommt aus einer Richtung, aus der man das vielleicht am wenigsten erwartet hätte: von einer Gruppe von Abiturienten aus Berlin-Neukölln.

Die ersten Folgen des „Israel Palestine Podcast“ sind nun verfügbar. Insgesamt sollen es 51 Folgen werden, der Großteil lag der F.A.Z. vorab vor. Die fünf Jugendlichen befragen darin Fachleute aus verschiedenen Ländern zu historischen, rechtlichen, psychologischen und weiteren Aspekten des israelisch-palästinensischen Konflikts. Die Interviewer geben ihren Gästen Raum, ihr Wissen oder ihre Sichtweisen ausführlich darzulegen.

Die technische Ausstattung war minimal

Das ist ein recht einfacher Ansatz. Das Ergebnis aber ist erstaunlich. Denn den Machern ist es gelungen, renommierte Wissenschaftler vors Mikrofon zu holen, von denen manche zu den führenden Vertretern ihres Fachs gehören. Von dem Historiker Michael Brenner über den Philosophen Omri ­Boehm bis zu dem Holocaustforscher Omer Bartov stehen namhafte Forscher bereitwillig Rede und Antwort. Manche sind umstritten, aber das ist Folge der Polarisierung und gehört insofern zum Konzept: Meinungsvielfalt abzubilden, damit die Hörer sich ein eigenes Urteil bilden können.

Die Folgen, teils auf Deutsch, teils auf Englisch, kamen in monatelanger Arbeit zusammen – ein Mammutprojekt, das in seiner Breite und Tiefe, vor allem aber in seiner Vielschichtigkeit seinesgleichen suchen dürfte. Der vielleicht verblüffendste Aspekt ist aber, dass die fünf Jugendlichen – Alexandria, Efe, Yusuf, Philip und Mert – den Podcast konzipierten und umzusetzen begannen, während sie ihr Abitur machten. Die technische Ausstattung war minimal, finanzielle Unterstützung erhielten sie erst am Ende für die Nachbearbeitung.

Rückblickend wirken die jungen Erwachsenen selbst etwas überrascht über all das. „Es ist viel größer geworden, als wir erwartet hatten“, sagt Yussuf, als wir vier der fünf Macher in Berlin zum Gespräch treffen. Gleichwohl herrscht unter ihnen Einigkeit, dass es die richtige Entscheidung war, auch wenn die Abiturnoten davon vielleicht nicht profitierten. „Meinen Horizont zu erweitern, ist für mich viel wichtiger als eine Note, an die man sich nach zehn Jahren nicht mehr erinnern kann“, sagt Efe.

Gegensätze und Widersprüche nicht ausblenden

Den Anstoß gab das „Berliner Oberstufenforum“, ein Projekt der Katholischen Akademie Berlin mit Vorträgen für Schüler zu philosophischen, theologischen und ethischen Fragen. Im Januar 2025 traten dort Vertreter von „Parents Circle – Families Forum“ auf, einer Gruppe von Israelis und Palästinensern, die Angehörige im Konflikt verloren haben und sich für Frieden und Versöhnung einsetzen. Das Interesse am Thema, das einige Schüler des Abschlussjahrgangs der Neuköllner Walter-Gropius-Schule ohnehin hatten, wuchs dadurch noch. Lehrkräfte bestärkten sie in der Idee, selbst etwas auf die Beine zu stellen; ein Pädagoge begleitete das Projekt, das außerhalb des Schulunterrichts vorangetrieben wurde.

Die Jugendlichen beschlossen, dass ein Podcast das geeignete Medium sei, sich dem Thema von mehreren Seiten zu nähern. Sie hatten auch eine Podiumsdiskussion erwogen, aber den Schülern war sehr bewusst, wo sie leben: in Neukölln, einem multikulturellen Stadtteil, der als problematisch gilt, gerade mit Blick auf muslimisch-jüdisches Zusammenleben. Dort ein offenes Gespräch zum israelisch-palästinensischen Konflikt abzuhalten, „hätte eventuell zu Schwierigkeiten geführt“, sagt Yussuf, und Philip ergänzt, das Umfeld hätte vielleicht auch „abschreckend gewirkt auf potentielle Gäste“. Auch sonst stand den Schülern nicht jede Tür offen. Manche Einrichtungen hatten Bedenken, über eine Verbindung mit dem Projekt mit bestimmten Gesprächspartnern assoziiert zu werden – ein Zeichen dafür, wie aufgeladen die Debatte ist.

Die Jugendlichen ließen sich davon zum Glück nicht beirren. In der Anmoderation jeder Folge weisen sie jetzt darauf hin, dass der Podcast aus Neukölln kommt, wo die größte palästinensische Diaspora Deutschlands beheimatet sei, aber auch viele junge Israelis lebten. „Israel und Palästina sind in unserem Bezirk und in unseren Schulen schmerzlich präsent“, heben sie hervor. Ihre Antwort lautet, sich dem Thema „multiperspektivisch“ zu nähern. Darunter verstehen sie, Gegensätze und Widersprüche nicht ausblenden oder auflösen zu wollen, sondern bewusst wahrzunehmen. „Können wir lernen, zuzuhören und unterschiedliche Wahrheiten gleichzeitig auszuhalten?“, fragen die Jugendlichen provokativ. Das bedeute nicht Beliebigkeit, betonen sie: Menschenrechte und das Völkerrecht seien die Grundlage jeder verantwortungsvollen Beschäftigung mit dem Thema. Das beeinflusste auch die Auswahl der Gesprächspartner.

Begeistert von den jungen Berlinern

An den Anfang haben sie bewusst mehrere Folgen gestellt, in denen die menschliche Dimension des Konflikts verdeutlicht wird: Der Israeli Udi Goren spricht über die Geiseln der Hamas, der Palästinenser Khalil Sayegh über den Gazakrieg. Die Publizisten Michel Friedman und Alena Jabarine schildern jüdische und palästinensische Erfahrungen in Deutschland seit dem 7. Oktober. Daran schließen sich thematische Blöcke an: zur Geschichte des Konflikts, zu Antisemitismus und Rassismus, zu politischen, rechtlichen und psychologischen Fragen und zu Herausforderungen für die Bildungsarbeit.

Vieles ergab sich aus der Arbeit heraus. Efe spricht von einer „Kettenreaktion“: Die ersten Interviews führten zu neuen Fragen und neuen Ideen; Gesprächspartner empfahlen weitere Experten. Gleichzeitig wurde den Jugendlichen klar, dass man weit zurückgehen muss, um den Konflikt wirklich zu verstehen. Die Vorgeschichte des aktuellen Konfliktgeschehens nimmt daher mit 16 Folgen den größten Teil ein. Es ist eine Schatztruhe historischen Wissens, die da geöffnet wird. Es gibt Überblicksfolgen und Gespräche zu Spezialthemen, etwa mit Oren Kessler zu dem lange Zeit wenig beachteten „Arabischen Aufstand“ von 1936 bis 1939. Manche Folgen sollen kollektive Prägungen und Narrative von innen heraus sichtbar machen; andere setzen auf analytische Distanz.

Viele Gesprächspartner zeigen sich regelrecht begeistert von den jungen Berlinern, die so viel Offenheit und Interesse an den Tag legen. Die Jugendlichen begegnen ihnen mit großem Respekt. Manchmal wünschte man ihnen mehr Mut, wirklich ins Gespräch einzusteigen. Stattdessen bescheiden sie sich meist mit der Rolle der Stichwortgeber. Ihre Fragen sind in der Regel einfach, aber präzise – was zeigt, wie gut sie sich vorbereitet haben. Oft werden unterschiedlichen Personen auch dieselben Fragen gestellt, etwa was „Siedlerkolonialismus“ sei. Die Antworten zu vergleichen, ist erhellend.

Erstaunliche Reife

Dass viele Hörer nicht mit allem einverstanden sein werden, was gesagt wird, liegt in der Natur der Sache – etwa wenn manche Interviewten von einem „Genozid“ im Gazastreifen sprechen. In manchen Fällen kontextualisieren die Macher Äußerungen in den Erläuterungen, die den Folgen beigegeben sind. Gerade die Unterschiedlichkeit der Sichtweisen macht den Podcast aber so wertvoll – weit über den anvisierten Bildungssektor hinaus. Und manche Gespräche sind herausragend. Etwa die beiden Folgen, die die Macher „Ankerepisoden“ nennen, weil sie besonders wichtige und umstrittene Fragen behandeln. Die Berliner Islamwissenschaftlerin Gudrun Krämer ordnet mit der für sie typischen Genauigkeit und Abgewogenheit historische Kontroversen ein. Der Kölner Jurist Claus Kreß wiederum erläutert mit beeindruckender Klarheit die zentralen völkerrechtlichen Aspekte des Konflikts.

Kreß ist es auch, der am Ende emphatisch an „die Jugend“ appelliert, dafür zu kämpfen, dass internationale Rechtsnormen nicht unter die Räder von Machtpolitik geraten. Den fünf jungen Berlinern muss man das nicht sagen. Mit Blick auf gesellschaftliche Debatten äußern sie den Wunsch, dass „niemals vereinfacht wird, was komplex ist – und niemals verkompliziert, was einfach ist“. Darin scheint eine Reife auf, die man bei Politikern und Kommentatoren in diesen Tagen manchmal vergeblich sucht.

Der „Israel Palestine Podcast“ ist auf Spotify, Apple Podcasts und Youtube verfügbar sowie auf der Website der Katholischen Akademie Berlin (www.katholische-akademie-berlin.de).

https://www.faz.net/aktuell/karriere-hochschule/klassenzimmer/abiturienten-haben-forscher-fuer-podcast-zu-nahostkonflikt-gewonnen-accg-110811235.html


Le Figaro, December 31        

Alexandre Devecchio : «Quand l’islamogauchisme entre au conseil supérieur des programmes»

LA BATAILLE DES IDÉES – Le député insoumis Rodrigo Arenas, connu pour ses positions communautaristes, a été nommé au Conseil supérieur des programmes qui formule des propositions sur le système éducatif.

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« Heureux de pouvoir contribuer aux réflexions sur l’avenir de notre système éducatif… », s’est félicité Rodrigo Arenas sur X, le 23 décembre, après sa nomination au Conseil supérieur des programmes (CSP). Les Français se réjouiront peut-être moins de voir le député LFI de la dixième circonscription de Paris, connu pour ses positions communautaristes, jouer un rôle stratégique dans la construction (ou la déconstruction) des programmes scolaires. Composé d’universitaires, de spécialistes de l’éducation, d’élus de la nation et de représentants du Conseil économique, social et environnemental, le CSP est un organisme consultatif dont les membres sont chargés de donner leur opinion sur l’élaboration des programmes scolaires et le système éducatif. Avec Rodrigo Arenas, on peut craindre le pire en matière d’orientation idéologique des futurs enseignements dispensés aux élèves. Outre qu’il représente un parti qui entend créoliser la langue française et faire débuter notre Histoire en 1789, son passif au sein de l’Éducation nationale est effrayant.

Entre 2018 et 2021, Rodrigo Arenas a été coprésident de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). Il s’était distingué à l’époque en défendant l’accompagnement des « mamans voilées » aux sorties scolaires. Il avait notamment été à l’origine de plusieurs affiches controversées. L’une d’entre elles montrait une femme avec un foulard participant à une sortie scolaire et titrée « La laïcité, c’est accueillir à l’école tous les parents, sans exception ». Plus inquiétant encore, sous sa présidence, la FCPE avait soutenu le père de l’élève responsable de la cabale contre Samuel Paty, allant jusqu’à lui conseiller de porter plainte. Après la mort du professeur, l’association avait pointé le lien entre son assassinat et les conditions d’enseignement de la laïcité à l’école. Voici ce qu’écrivait de lui, en 2020, l’inspecteur général Jean-Pierre Obin, dans son livre Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école : « Responsable de sa fédération de Seine-Saint-Denis, Rodrigo Arenas a ramassé en 2019 le pouvoir vacant dans une FCPE en pleine déliquescence. Très vite, il a donné des gages aux islamistes sur lesquels il s’appuyait pour gouverner la fédération du 93. » Interrogé en 2024 sur la possibilité de revenir sur l’interdiction de l’abaya à l’école, le député insoumis répondait par l’affirmative.

La loi prévoit que les élus siégeant au CSP soient désignés par la représentation nationale en fonction des résultats des élections législatives. Compte tenu de l’éclatement de l’Assemblée nationale, c’est moins l’étiquette politique de Rodrigo Arenas qui dérange que le courant de la gauche auquel il appartient et ses antécédents au sein de l’Éducation nationale. Plus largement, la polémique Arenas interroge une nouvelle fois sur le caractère coûteux et l’influence délétère des agences de l’État. Le CSP, structurellement dominé par les associations, la société civile, les pédagogistes, et dont tous les membres sont rémunérés, est un parfait cheval de Troie pour les idéologues. Comme l’observe le professeur et essayiste Joachim Le Floch-Imad dans son essai Main basse sur l’Éducation nationale, notre système scolaire est verrouillé de l’intérieur par une technostructure politisée. Après avoir accueilli les pseudo-progressistes, le Conseil supérieur des programmes ouvre désormais la porte à un islamo-gauchiste.

https://www.lefigaro.fr/vox/societe/alexandre-devecchio-quand-l-islamogauchisme-entre-au-conseil-superieur-des-programmes-20251230


Contrepoints / IREF, December 31     

Réformer l’école : mieux éduquer à moindre coût

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Dans un article publié le 21 juin 2025 (Journal des Libertés No.29), Lionel Devic, avocat associé chez Delsol Avocats, nous dit que la situation de l’éducation en France est préoccupante : malgré un budget colossal de 87 milliards d’euros pour l’Éducation nationale et une dépense intérieure d’éducation de 170 milliards d’euros, le système public produit des résultats médiocres. La France se classe 26ᵉ au classement PISA 2024 et dernière d’Europe au TIMSS, tout en étant le pays de l’OCDE qui génère le plus d’inégalités scolaires. L’Éducation nationale, avec 1,2 million d’agents, représente le troisième plus gros employeur mondial, mais son efficacité est faible : le coût annuel par élève du public est presque le double de celui du privé sous contrat, avec un surcoût global de 34,5 milliards d’euros par an.

Parallèlement, les écoles libres indépendantes (hors contrat) connaissent une croissance rapide, ouvrant plus de 300 classes en 2024, majoritairement aconfessionnelles, et sans bénéficier de fonds publics. Cette dynamique montre que des modèles éducatifs plus autonomes et innovants peuvent fonctionner efficacement à moindre coût, mais restent freinés par les contraintes administratives et budgétaires du système public.

Pour améliorer l’école tout en réduisant les dépenses, l’auteur propose plusieurs mesures concrètes. D’abord, développer des établissements conventionnés autonomes, permettant aux écoles d’exercer une plus grande liberté pédagogique et de choisir leurs enseignants. Ensuite, simplifier les programmes autour d’un socle commun de compétences et de culture, introduire le chèque scolaire, et réformer l’instruction à domicile. Enfin, encourager les familles via des mécanismes fiscaux, comme un crédit d’impôt pour les scolarités versées à des écoles indépendantes respectant certains critères.

Ces réformes s’appuient sur deux principes clés : la liberté d’enseignement, pour responsabiliser enseignants et parents, et la subsidiarité, pour que les autorités supérieures soutiennent plutôt qu’étouffent les initiatives locales. L’objectif est de créer un système éducatif plus efficace et plus flexible, capable de produire de meilleurs résultats avec moins de dépenses publiques, en donnant davantage de pouvoir aux familles et aux établissements.

https://contrepoints.org/reformer-lecole-mieux-eduquer-a-moindre-cout/


Le Figaro, December 31        

Ces parents qui choisissent l’enseignement catholique en rejetant son caractère religieux

DÉCRYPTAGE – De plus en plus de familles choisissent d’y scolariser leurs enfants pour la qualité de sa pédagogie et la discipline. Sans toujours adhérer à sa vocation spirituelle. De quoi créer des tensions entre parents et établissements.

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« Je veux qu’on laisse les enfants libres et sans idéologie ! » La colère d’Henri* reste vive. Le 20 novembre dernier, le collège privé catholique Sainte-Geneviève de Courbevoie organisait une rencontre entre ses élèves de cinquième et Fouad Hassoun, victime d’un attentat à Beyrouth en 1986, alors qu’il était âgé de 17 ans. Rescapé de cette attaque, il y a toutefois laissé la vue. Mais sa foi et sa résilience lui ont permis de pardonner aux terroristes. Un chemin qu’il raconte dans un livre paru en 2020.

Une semaine après les 10 ans des attentats du 13 Novembre qui avaient ensanglanté Paris en 2015, l’établissement de Courbevoie avait donc voulu travailler cette notion de pardon sous le prisme de la foi en invitant ce « grand témoin ». Dans un mail adressé aux parents, la direction avait précisé que cette rencontre s’adressait aux « élèves de culture chrétienne comme de catéchisme », et qu’elle était obligatoire.

L’initiative n’a pas du tout été du goût d’Henri, père de famille. « C’est important d’aborder le pardon, mais pas comme ça. C’est quoi, la prochaine étape ? Pardonner à son violeur ? Surtout, je ne cautionne pas que cette rencontre soit obligatoire », s’emporte-t-il.

De plus en plus de familles optent pour l’enseignement privé sous contrat avec l’État, dont 96 % des établissements sont catholiques. Un choix généralement porté par l’excellence académique de ces écoles, leur discipline ou encore leur sécurité. Bien que la religion fasse partie intégrante du projet pédagogique, les familles sont moins nombreuses à inscrire leurs enfants dans ces établissements pour cette raison. Ainsi, selon un sondage de l’Ifop publié le 2 septembre dernier, seuls 39 % des Français estiment légitime que les établissements catholiques proposent un temps spirituel durant la scolarité et 45 % considèrent que cette pratique n’est pas justifiée. « L’écart entre ces deux positions n’est que de 6 points, ce qui illustre l’ambivalence de l’opinion publique quant à la place de l’éducation religieuse au sein de l’enseignement privé catholique », souligne l’enquête.

« L’école veut plaire à tout le monde »

De quoi désoler certains parents qui ont justement choisi de scolariser leurs enfants dans le privé catholique pour la spiritualité, au-delà de l’excellence académique. « J’ai inscrit mes enfants avec un grand enthousiasme, jusqu’à ce que je déchante. Très peu d’événements étaient organisés en lien avec la religion. La directrice est terrifiée par les parents qui ne veulent pas de vie pastorale du tout. L’école veut plaire à tout le monde, surtout pour ne pas perdre d’élèves et risquer de devoir fermer une classe », déplore Marie*, mère de trois enfants en maternelle et au CP en Haute-Savoie.

Un avis partagé par Éric, père de sept enfants, dont trois sont toujours dans le privé sous contrat et trois dans le privé hors contrat confessionnel, en région parisienne. « Je peux comprendre que certaines familles ne souhaitent pas être en phase avec la religion chrétienne, mais c’est dommage qu’elles le fassent autant savoir parce que cela casse les ressorts de cet enseignement et de ses valeurs traditionnelles », estime-t-il.

Avec les élèves, ils imposent leurs lois, parfois wokistes, et la direction ne dit rien

Stéphanie*, professeur de français dans un collège privé du Sud-Ouest

Les enseignants eux-mêmes n’hésitent plus à s’opposer à la place de la religion dans ces écoles. « Certains professeurs cherchent à mettre des bâtons dans les roues de la pastorale. Ils n’hésitent pas à afficher leur mécontentement mais préfèrent rester dans ces établissements catholiques par peur d’être mutés dans des académies qu’ils ne veulent pas, comme Paris ou sa banlieue. Avec les élèves, ils imposent leurs lois, parfois wokistes , et la direction ne dit rien », déplore Stéphanie*, professeur de français dans un collège privé du Sud-Ouest.

Conserver l’identité de cet enseignement

Si l’enseignement privé catholique se veut ouvert à toutes les classes sociales et aux autres confessions, il tient toutefois à conserver son ADN. Ce qui est possible grâce au caractère propre dont il dispose, c’est-à-dire sa liberté éducative. Aussi peut-il enseigner des valeurs éducatives spécifiques à ses élèves, notamment en faisant référence à la religion, ce qui le distingue de l’enseignement public. Le caractère propre s’adapte à chaque établissement privé. En revanche, les programmes doivent être équivalents dans le public et dans le privé.

Pour Frédéric Dieu, conseiller d’État, qui a dirigé le dossier intitulé « Liberté d’enseignement et religion », paru en mai 2024 dans la Revue du droit des religions, « le principal problème des établissements catholiques, c’est la sécularisation »« Il y a de plus en plus de familles qui se tournent vers le privé sans raison religieuse. Si ces valeurs catholiques les dérangent, elles préfèrent généralement se taire et accepter malgré elles cette pédagogie », explique-t-il. Surtout, les parents sont nombreux à se tourner vers le privé pour échapper à l’enseignement public, « de plus en plus idéologisé, pro-LGBT, woke ou autre », ajoute Frédéric Dieu. Ce que ne cautionne pas Stéphanie. « Il vaut mieux fermer des classes plutôt que d’ouvrir à n’importe qui et perdre son identité », estime l’enseignante.

Hélène Laubignat, présidente de l’Apel, l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre, considère également que c’est aux familles de s’adapter à ces établissements, et non l’inverse. « Ne pas partager le projet éducatif de l’enseignement catholique est parfaitement légitime. Mais lorsqu’une équipe pédagogique propose un contenu ou une activité, ce n’est jamais par hasard. C’est adossé à un projet éducatif clair, assumé et cohérent avec les textes officiels et le caractère propre », avance-t-elle. Avant de préciser : « Les parents restent totalement libres d’en rediscuter à la maison, d’apporter leur éclairage, leurs valeurs. L’éducation est toujours une coresponsabilité. »

Dans l’enseignement catholique, les familles font un choix. Elles sont libres de rester, de partir

Hélène Laubignat, présidente de l’Apel

Selon elle, le fait que les familles affichent leur désaccord avec l’enseignement catholique, comme c’est le cas pour Henri, correspond à l’évolution de la société. « On observe aujourd’hui une impatience généralisée. Mais l’école n’est pas un service à la demande : ce n’est ni un drive ni une plateforme de prestations. Une école, c’est un lieu d’apprentissage, de formation de l’esprit, d’accompagnement. Cela suppose de la confiance. » Hélène Laubignat insiste : « Dans l’enseignement catholique, les familles font un choix. Elles sont libres de rester, de partir ou de réorienter leur enfant. Si elles restent, c’est bien qu’elles jugent l’ensemble du projet pertinent pour leur enfant. »

L’échange entre les parents et les établissements reste primordial pour l’enseignement catholique. Henri a été reçu deux fois par la chef d’établissement, avant et après le témoignage de Fouad Hassoun, pour calmer les tensions et « dissiper les incompréhensions qui s’étaient installées », explique Chantal Desbarrières, la directrice diocésaine de l’enseignement catholique des Hauts-de-Seine. La rencontre « s’est bien passée et les retours des élèves comme ceux des parents présents ont été positifs », ajoute-t-elle. Reste que « faire alliance, en confiance, avec les différents acteurs, en particulier avec les parents d’élèves », est très important, souligne-t-elle. « Cette qualité dans nos échanges est un bénéfice pour l’accompagnement des élèves. Travailler ensemble est l’assurance d’un alignement nécessaire pour les jeunes entre le projet des établissements et les attentes des familles. »

* Les prénoms ont été modifiés.

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ces-parents-qui-choisissent-l-enseignement-catholique-en-rejetant-son-caractere-religieux-20251229


Frankfurter Allgemeine Zeitung, December 23             

Drei Lehrer erzählen: So macht KI Schüler schlau

Künstliche Intelligenz verbreitet sich rasant, die meisten jungen Leute nutzen sie für die Hausaufgaben – doch im Unterricht kommt sie nur schleppend an. Drei digital erfahrene Lehrkräfte darüber, wie es gelingt.

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„Meine Schülerinnen und Schüler werden in meinem Unterricht zu KI-Experten, sie könnten sogar Erwachsene schulen“, sagt Kristin van der Meer, Lehrerin an der Neuen Grundschule Potsdam. „Sie würden niemals mit einer KI recherchieren, sich von der KI etwa eine Reise planen lassen“, erklärt sie. „Sie fragen die KI hingegen, was sie machen müssen, wenn sie eine planen – sie lassen sich beim strukturierten Denken unterstützen.“

Van der Meer ist eine der wenigen Lehrkräfte in Deutschland, die KI schon in der Grundschule nutzen. Das sei sehr wichtig, denn schon die jüngeren Kinder bräuchten Begleitung, damit sie einen kritischen Umgang mit der KI lernten – und zu mündigen Bürgern heranwüchsen.

Als eines ihrer vier Kinder 2022 begann, seine Hausaufgaben mit ChatGPT zu erledigen, habe sie gewusst, „ab morgen muss ich mein Lehren komplett ändern“. Für sie sind die digitalen Medien essenziell zur Verwirklichung eines außergewöhnlichen pädagogischen Konzepts, das in Deutschland erst selten praktiziert wird: Ihre Schüler entscheiden selbst, was sie wann lernen, um die Lernziele zu erreichen.

„Gerade der KI-Einsatz ermöglicht 100 Prozent Inklusion, und das ohne zusätzliches Personal“, sagt van der Meer. Doch das gelinge nur, wenn die Kinder befähigt würden, die KI sinnvoll zu nutzen. Dafür brauchten sie Zielbewusstsein, ein Repertoire von Strategien sowie die Fähigkeit zum Selbstmonitoring und zur Reflexion. Das alles bringt sie ihnen bei.

Sie beginne in der ersten Klasse mit einer starken, geschlossenen Führung und öffne dann die Unterrichtsmethoden. Ihre Schüler wählen, wie sie lernen: Wollen sie ein Buch lesen, einen Vortrag erstellen, einen Rap oder ein Gedicht? Welche Sozialform ist passend: Wollen sie zu zweit arbeiten, in der Gruppe oder zum Lernen mal rausgehen? Der Klassenraum ist locker möbliert mit einem großen runden Tisch, Sofas und Couchteilen. Die Tafel wurde verbannt.

Zweitklässler hätten Lernwörter in DeepL Write eingetippt, ein KI-Werkzeug, das Rechtschreibung und Grammatik kontrolliert, erzählt van der Meer aus ihrem Unterricht. „Ich hatte noch nie so ein gutes Gespräch zur Rechtschreibung.“ Die Kinder hätten viel aufmerksamer hingeschaut. „Ach so, schwimmen wird mit Doppel-M geschrieben“, habe eines gemerkt. Gemeinsam probierten sie Rechtschreibstrategien wie das Silbenklatschen aus.

„Sie waren so munter, dass mit der Zeit ein Wettbewerb entstand.“ Bis ein Schüler irgendwann keinen Fehler mehr machte. „Er ist aufgesprungen und rief, die KI könne nichts finden. Die anderen klatschten. Das war ein Zaubermoment.“

Ein großer Unterschied zum lehrerzentrierten Unterricht ist: Jedes Kind kann in jedem Moment Rückmeldung bekommen. „Ich hingegen muss zur Lernkontrolle die Hefte mit nach Hause nehmen, und sie bekommen sie erst am nächsten Tag zurück.“ Dann sei jedoch kein emotionaler Bezug mehr zu dem vorhanden, was am Tag vorher gewesen sei. Das unmittelbare, individuelle Feedback, das zeigt die Lernforschung, ist wirkungsvoller. Van der Meer probiert mit den Schülern verschiedene KI-Feedbackprogramme aus, zum Beispiel FelloFish.

Ihre Schüler erstellten sich zudem selbst Übungen, zum Beispiel ein Bastelspiel. „Ich bekomme bestenfalls eine Fünffach-Differenzierung hin und brauche dafür ein Wochenende. Und dann passt für manche nichts.“ Sie differenzierten sich mit der KI selbst. Einige hätten ihre Matheaufgaben in die KI eingegeben und sich daraus eine Übungsklausur erstellen lassen.
Sie habe auch Kinder mit Diagnosen wie ADHS in der Klasse.

„Wenn Psychologen hospitieren, sagen sie, das Kind fällt gar nicht auf.“ Das liege an einer Umgebung, in der man ohne Druck im eigenen Tempo lerne. Ein Schüler mit ADHS habe in die KI eingegeben, er brauche 60 Minuten für Aufgaben, für die andere zehn Minuten brauchten. „Er war dann sehr stolz auf sich, denn er hat die Aufgaben auch geschafft, nur einen anderen Weg genommen.“

Die Schule besuchen rund 450 Kinder, es gibt 220 iPads. Materialien lädt van der Meer in der brandenburgischen Schulcloud hoch. Als sie mit KI anfing, besuchte sie Fortbildungen im Fobizz-Netzwerk, bildete mit anderen Vorreiterlehrkräften wie Hendrik Haverkamp, Manuel Flick und Jennifer Stier ein Netzwerk. Wer sich mit KI in der Schule befassen wolle, sollte deren Accounts und ihre auf Linkedin und Instagram besuchen. Dort finde man Unterrichtsbeispiele.

„Man muss sich täglich fortbilden“, sagt sie und empfiehlt, sich mit dem KI-Kompetenzkonzept von Joscha Falck zu beschäftigen. „So habe ich zu Beginn meine Unterrichtseinheiten aufgebaut. Zuerst habe ich ohne KI eingeführt, etwa mit einem Buch; dann habe ich die KI hinzugefügt.“

Ihre Schüler lernten mehr, sagt van der Meer. „In der Lernstanderhebung Vera 3 lagen die Ergebnisse weit über dem Landesdurchschnitt.“ Auffällig sei auch der große Wortschatz der Kinder. Und es gebe im Unterricht kaum Störungen.

Fit für die Berufswelt: KI als Fach

Klaas Wiggers unterrichtet am Gymnasium an der Willmsstraße in Delmenhorst Geschichte, Mathematik – und Künstliche Intelligenz. Schon seit 2021 bietet er ein Seminarfach zum Thema KI an, also lange bevor ChatGPT für Schlagzeilen sorgte. In den Seminar­fächern – sie existieren nicht in allen Bundesländern – werden Oberstufenschüler auf wissenschaftspropädeutisches Arbei­ten vorbereitet.

Wiggers legt großen Wert darauf, KI abseits generativer Tools wie ChatGPT zu betrachten. In Bereichen wie Prozessoptimierung und Produktentwicklung lägen große Chancen für Deutschlands Industrie, auch im Bereich der Medizin öffneten sich neue Möglichkeiten. „Wir müssen Schüler befähigen, auch auf diesen Feldern beruflich aktiv zu werden“, betont er. Gleichzeitig sollen sie zu mündigen Bürgern werden, die KI aus verschiedenen Blickwinkeln betrachten und fundiert über deren Regulierung mitentscheiden können. Technisches Grundwissen sei da unverzichtbar – nur so ließen sich Chancen und Risiken ausgewogen beurteilen.

2022 begleitete Wiggers das Fraun­hofer-Institut IAIS bei der Entwicklung des Konzepts AI 4 School. Was als Projekttag in seiner Schule begann, ist heute ein deutschlandweites Angebot aus Workshops, Lehrerfortbildungen und Projekttagen. Im Mittelpunkt stehen KI-Grundbildung, erste Programmier­erfahrungen, rechtliche und ethische Fragen – und Berufsorientierung, Wiggers’ Steckenpferd. Und so hat er auch #I_Make_AI gegründet: Schüler interviewen Menschen, die KI in ihrem Berufsalltag nutzen, auch außerhalb der Informatik. Der neue Podcast und die Videos sind auf der Internetseite der Be­rufsbildungsinitiative zu finden.

Einige von Wiggers Schülern haben sogar selbst eine Geschäftsidee entwickelt und damit erfolgreich an einem Samsung-Wettbewerb teilgenommen: Die KI-Lösung „Skill Fit“ soll die Leistungsbewertung im Sport gerechter machen – die Idee dürfen sie bei den Olympischen Winterspielen in Italien und in der Samsung-Zentrale in Südkorea präsentieren. Derzeit sind die Schüler auf der Suche nach passenden Entwicklungspartnern.

Auch jüngere Schüler bringt Wiggers spielerisch mit KI in Kontakt, etwa durch Stationenlernen, bei dem Oberstufenschüler den Jüngeren Grundlagen vermitteln. Für Lehrkräfte der Sekundar­stufe I hat er zum Stationenlernen die Onlinefortbildungsreihe „KI verstehen – KI vermitteln“ entwickelt; sie ist auf www.KI-Campus.org abrufbar und bietet auch direkt einsetzbare Unterrichtsmaterialien. Zur Motivation und Veranschaulichung nutzt Wiggers gern KI-Bausätze von Fischertechnik und KI-gesteuerte Lego-Roboter.

Im Seminarfach Künstliche Intelligenz erwerben seine Schüler Grundkenntnisse, verfolgen die aktuelle Berichterstattung, programmieren und eva­luieren Anwendungsfälle. Beispiele sind KI in der Psychotherapie und die Veränderung von Schönheitsidealen durch KI. Ihre Facharbeiten verfassen sie mit KI-Unterstützung – reflektiert und verantwortungsbewusst. „Sie sollen KI nicht die ganze Arbeit machen lassen, sondern gezielt Tools nutzen, zum Beispiel für Recherche und Strukturierung“, erklärt Wiggers.

Kollegen empfiehlt er dringend, sich mit KI zu befassen; sie sollten einfach loslegen und gemeinsam mit den Schülern lernen. „Man muss nicht alles perfekt beherrschen, bevor man anfängt“, sagt er und rät zu regionalen Netzwerken und Taskforces in Schulen. Seine Schule nutzt das datenschutzkonforme KI-Tool von Fobizz, das auch den deutschen Chatbot Teuken-7B enthält. „Wir sollten den USA und China nicht unsere Unterrichtsplanung überlassen. Da können fragwürdige Werte transportiert werden, ohne dass man es merkt. Technologische Souveränität ist eine Voraussetzung für eine künftige bildungsmediale Souveränität“, ist Wiggers überzeugt.

Große Chancen, auch mit Blick auf die Bildungsgerechtigkeit, sieht er in adaptiven Lernsystemen, die individuelle Lernpfade ermöglichen und Lehr­kräfte entlasten. Gerade begleitet er die Markteinführung der schwedischen Mathematikapp Magma Math. „Ich kann live sehen, was die Schüler schreiben, ihre Kompetenzen – auch lerngruppenübergreifend – KI-gestützt evaluieren, und sie bekommen sofort formatives individuelles Feedback und weiteres Übungsmaterial.“

So könne die App in ihren handschriftlichen Notizen Fehler highlighten. „Das entlastet mich enorm.“
Eine Herausforderung sei jedoch, einer Vereinzelung des Lernens entgegenzutreten. Seine Aufgabe sieht Wiggers deshalb darin, „die Schülerinnen und Schüler immer wieder im Austausch lernen zu lassen und Anbietern wie Magma Math aufzuzeigen, dass ihre Tools leicht um kollaborative Elemente erweiterbar sind“.

Während er für das Lernen vor der Abiturprüfung noch amerikanische Tools wie Notebook LM von Google vorn sieht, nutzen er und seine Kollegen für die Vorbereitung des großen Schul­jubiläums Flux AI vom deutschen Anbieter Black Forest Labs: „Hier sieht man, dass auch deutsche KI-Tools international mindestens konkurrenzfähig sind.“

Mit den Jugendlichen ausprobieren

„Lehrkräfte müssen ihre Schülerinnen und Schüler beim Einsatz von Künstlicher Intelligenz begleiten“, sagt Iris Laube-Stoll. Sie ist Französisch- und Spanischlehrerin am Düsseldorfer St.-Ur­sula-Gymnasium und koordiniert dort in der erweiterten Schulleitung die Schul- und Unterrichtsentwicklung. Sonst nutzten sie KI weiterhin allein zuhause – und lernten womöglich nicht, dass Bots wie ChatGPT halluzinierten und Stereotype verbreiteten.

In einer Oberstufenklasse sollten die jungen Leute eine Vokabelliste zu afrikanischem Französisch erstellen.

Seit der Pandemie beschäftigt sie sich intensiv mit digitalem Lernen, nun auch mit Blick auf KI. Sie hat mehr als zehn Jahre Lehrkräfte ausgebildet, ist innovativ und testet fortlaufend, wann KI das Lernen fördert – und wann nicht. „Ich kann doch nicht im Mikrokosmos Schule sitzen und die Außenwelt ignorieren. Das wäre sträflich.“

Junge Leute nutzten für den Fremdsprachenunterricht KI auch ohne Begleitung, etwa DeepL und ChatGPT. Doch wer zum Beispiel Texte vorfor­mulieren lasse, büße Kompetenzen ein. Ihre Schüler sollen hingegen lernen, KI sinnvoll einzusetzen; deshalb entscheidet sie gemeinsam mit ihnen, wann die KI das Lernen verbessert. „Es muss in den Schulen mehr über Lernwege gesprochen werden. Die Welt verändert sich rasant, lebenslanges Lernen ist nötig.“ Laube-Stolls Ansatz: erst verstehen, wie man KI einsetzen kann, dann ausprobieren, dann reflektieren.

Sie gibt ein Beispiel. Neuntklässler wählten französische Regionen für Präsentationen. „Wir haben gemeinsam Prompts entwickelt, die Texte, etwa aus dem Internet, vereinfachen, um vom Schriftfranzösischen in ein mündliches Französisch zu kommen“, erzählt Laube-Stoll. An ihren Vorträgen arbeiteten die Jugendlichen mit KI-Unterstützung für das Lesen, Formulieren und die Aussprache. Danach wurde in der Gruppe reflektiert: Was hat funktioniert, was sollte anders gepromptet werden, braucht es andere Tools?

Doch auch hilfsmittelfreies Sprechen bleibt wichtig. In Laube-Stolls stark projektorientiertem Unterricht ist die Fremdsprache die Arbeitssprache. Zum Sprechenlernen sei die KI ebenfalls nützlich, auch weil mit ihr die Aussprache im geschützten Raum geübt werden könne, was gerade für schüchterne Kinder eine Erleichterung sei. Das in ihrer Schule verwendete datenschutzkonforme KI-Tool von Fobizz kann Laube-Stoll für häusliche Übungen bereit­stellen.

Großes Potential sieht sie in adaptiven Lernprogrammen, die individuell fördern und Diagnosen ermöglichen – für ihren Unterricht hat sie aber noch kein überzeugendes Programm gefunden. Sie mahnt allerdings auch, man dürfe nicht zu stark individualisieren und technisieren, sondern müsse das Gleichgewicht wahren. Offene Unterrichtsformen liegen ihr am Herzen, sehr stark gesteuertes Lernen sieht sie deshalb skeptisch.

Laube-Stoll fragt sich, ob man im KI-Zeitalter noch lernen muss, eine Fremdsprache perfekt zu schreiben. „Oder schreibt man irgendwann nur noch mit Hilfsmitteln?“ Solche Fragen werden sich immer dringender stellen – welche Kompetenzen es künftig braucht, welche verloren gehen und wie bedauerlich das ist.

Habe in einer iPad-Klasse die Lehrkraft nicht im Blick, ob die Schüler die ganze Zeit KI-Tools nutzen, dann sei „Deskilling“ eine reale Gefahr, sagt Laube-Stoll. Sie erklärt ihnen hingegen, warum es wichtig ist, eine Fremdsprache ohne Hilfsmittel zu beherrschen: „Der Kern des Fremdsprachenunterrichts ist, sich mit Menschen anderer Kulturen direkt austauschen zu können.“ In Zeiten der Globalisierung sei Verständnis für das Fremde essenziell. Laube-Stoll macht gute Erfahrungen: „Erkennt man an, dass die Jugend­lichen die Experten für ihr eigenes Lernen sind, nutzen sie die KI verantwortungsvoll.“

Für eine lernförderliche KI-Strategie müsse die ganze Schule zusammenarbeiten und den Schulträger einbeziehen. Das Tempo an deutschen Schulen sei jedoch zu langsam. „In der Lehrkräfteausbildung spielt KI noch zu wenig eine Rolle.“ Lehrkräfte, die anfangen wollten, sollten sich Gleichgesinnte suchen, gemeinsam Unterricht planen, Fortbildungen besuchen und Tools ausprobieren – natürlich zusammen mit den Schülerinnen und Schülern.

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